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« Le Service Civique, la Jeunesse s’engage »

Édito n°61

Par Laurence Esnault

Cette couverture, avec la petite géante bien connue maintenant de tous les nantais, en guise de clin d’œil aux festivités qui ont pu démarrer dès mai à l’échelle de Nantes, cache aussi un bout de parasol qui nous donne envie de préparer l’été sur le quartier !
Vous avez sans doute aperçu ici ou là dans les différents équipements, ou dans le cartable de votre enfant, la plaquette « notre été 2011 à Nantes Nord » qui vous invite à découvrir des activités : il y en a pour tous les âges !. Vous en retrouverez un extrait à la fin de ce numéro, qui complète vos rubriques habituelles : vie locale, expression, …
Passez un bon été !

Voyage sensoriel au cœur du papier

Écologie, créativité, recyclage, convivialité, quatre mots clés pour vous présenter l’association « Mix’idée ».


Par Corinne Leconte

Un samedi après-midi, je pousse les portes du centre socioculturel de la Boissière et suis accueillie, tout de suite, par des rires et de la bonne humeur, m’invitant à partager un agréable moment de créativité, en compagnie des « artistes » de Mix idées.

Ainsi mise à l’aise, ce fut, pour moi un grand plaisir, une « vraie » expérience sensorielle originale. J’ai tout de suite eu envie de vous raconter ce que j’ai ressenti.

A peine avais-je enfilé mon tablier, que je fus ensorcelée par cette « magie », mélange d’odeurs et de matières sensuelles.Vous connaissez « la patouille » ? Chacun a à sa disposition une bassine remplie de pâte à papier teintée, à laquelle il peut rajouter différentes matières récupérées, telles que pétales de fleurs pelures d’oignon, betteraves, thé, henné curcuma… et des tamis.

On y plonge les mains, malaxe le tout… la matière commence à faire corps avec nos membres et les odeurs des pigments nous révèlent un monde oublié. Vous savez, ce sentiment de retrouver une senteur ancienne, comme à chaque fois que l’on ouvre un pot de colle blanche ou que le parfum d’encre violette nous ramène à l’enfance. Tout ceci constitue la première étape de fabrication du papier.

Tandis que chacun est absorbé par sa production, l’inspiration devient, tout d’un coup, collective. Je m’explique : je faisais du papier et Nathalie, ce jour là, utilisait de la laine. Sans un mot, elle m’a transmis cette idée de mélange de matière.

« Paradoxalement, les plus grandes sources d’inspiration naissent lors des incidents de manipulation et font apparaître de nouvelles techniques. Combien de fois lors de tâtonnements ou de ratages, les participants seraient tentés de jeter leur production ? C’est là qu’apparait l’étincelle créatrice, l’insoupçonné talent de chacun » me dit Nathalie, que l’on surnomme « les doigts d’or ». Pour elle, c’est un défi technique et une expérimentation permanente. Elle s’est documentée grâce à des recherches sur Internet, des livres, des rencontres de spécialistes de la fabrication traditionnelle du papier, au Moulin du Liveau, à Clisson.

Pour Anne, l’envie est plus ancienne. Attirée depuis l’enfance par les feuilles de cahier, les livres, les jolis papiers, les écritures, les alphabets, c’est sa mère qui lui a fait partager sa passion, un peu comme on se transmet une recette de cuisine.

La seconde étape du processus est ce qu’elles appellent « la foire aux idées ». C’est un moment de confrontation des productions, d’échanges-découvertes des réalisations de chacun, en vue de l’atelier de transformation. Ainsi, Françoise, plus discrète, enrichit l’atelier de ses créations solitaires et surprenantes, qu’elle peaufine souvent chez elle.

Pour finir, troisième étape, la transformation : nos feuilles de papier vont enfin devenir des « œuvres d’art », grâce à de simples techniques, collage, découpage, déchiquetage, agrémentées de pétales de fleurs, feuilles végétales, bouts de laine, paillettes, timbres anciens…

Toutes les séances se terminent avec un « thé-maison » et une collation : c’est le moment détente.

Mix idées est intégré dans la vie du centre social de la Boissière, présente les créations du groupe en diverses occasions et propose aussi des ateliers aux enfants. L’association a aussi en projet le développement d’ateliers au collège, dans les écoles, maisons de retraite…

ARBRES : 20 ans déjà !

Insertion par l’activité économique et environnement.

Samedi 28 mai dernier, ARBRES, fêtait ses vingt ans d’existence. Nous ne pouvions passer à côté de cet événement et avons rencontré pour l’occasion par Jean-Yves Favreau, président, Francis Peslerbe, vice-président, Jean-Claude Verger, administrateur, Michel Doinel, directeur.

Par Isabelle Lebastard

Au début des années 80, plus de 20 % de la population active de Nantes Nord est sans emploi.
Face à cette situation préoccupante, des habitants militants, des travailleurs sociaux et des personnes en recherche d’emploi se fédèrent pour réfléchir ensemble : « Que faire ? Comment agir face à l’exclusion sociale et professionnelle ? »
C’est ainsi qu’en 1983 ils créent au sein du Centre Socioculturel de la Boissière, le CREB (Comité de Recherche pour l’Emploi de la Boissière). Plusieurs activités sont proposées : petits travaux d’entretien de la maison, jardinage, repassage et, déjà, collecte de vieux papiers et cartons. « A l’époque, on appelait cela, les petits boulots ! Il y avait 140 adhérents. Cela a permis à des chômeurs de cheminer vers l’emploi ».
Après cinq ans d’existence, en l’absence de soutien des collectivités locales et de l’Etat, le CREB doit cesser ses activités. La création des CES (Contrats Emploi-Solidarité) en 1988, l’engagement de la Ville et du Conseil Général après 1989 permettent de repartir sur de nouvelles bases. Une association est créée : Association Récupération Boissière Réinsertion Emploi Solidarité (A.R.B.R.E.S.). Ainsi naît l’un des premiers chantiers d’insertion du département avec pour support d’activité, la collecte, le tri et la commercialisation des vieux papiers et cartons. « Au début, nous avons organisé sur l’ensemble de la ville de Nantes en direction des particuliers, une collecte mensuelle au porte à porte. Nous étions les premiers à sensibiliser la population au tri sélectif. De 12 postes d’insertion créés en 1991 nous sommes passés à 47, le temps de travail de chaque salarié étant de 26 heures par semaine rémunérées au taux horaire du S.M.I.C.». Depuis la généralisation de TRISAC à partir de 2006, l’activité d’ARBRES s’est recentrée sur la collecte des papiers et cartons auprès des entreprises, collectivités, commerces.
Lorsque le volume est important une convention est signée entre le fournisseur et ARBRES pour finaliser un engagement réciproque : quantité estimée, rythme des enlèvements (hebdomadaires, mensuels)… L’apport direct dans l’un des 2 ateliers (rue des Renards ou rue d’Allemagne) est toujours possible et même encouragé aussi bien pour les professionnels que pour les particuliers. Les personnes recrutées par le chantier d’insertion sont orientées par le Conseil Général. ARBRES leur offre un suivi individualisé. « C’est un accompagnement global des personnes. Il s’agit de lever les freins à l’emploi, qu’ils soient sociaux ou professionnels (élaboration d’un parcours professionnel, avec formations qualifiantes et accompagnement face aux difficultés sociales). En réunion tripartite, avec l’assistante sociale et le chargé d’accompagnement à l’emploi du Conseil Général, nous évaluons quelles sont les difficultés rencontrées.Jamais dans le jugement, notre démarche est bien l’accompagnement !
D’ailleurs par la suite il ne s’agit plus que d’auto-évaluation, la personne étant le moteur de son propre parcours ».
Après 20 ans d’existence, ce sont près de 800 personnes en recherche d’emploi qui ont été accueillies. Quel bilan ? En 2010 sur 34 personnes ayant quitté ARBRES 4 ont trouvé un CDI, 4 un CDD de plus de 6 mois, 7 sont en formation, 3 sont en retraite et 13 sont au chômage. « Notre action ne doit pas être simplement jugée sur le nombre de sorties vers l’emploi. Nous savons que certains vont retrouver un emploi ultérieurement ».
De toute façon ils sont mieux armés pour affronter les difficultés de la vie quotidienne. « La confiance retrouvée, l’estime de soi (revalorisation), les compétences acquises (ponctualité, travail en équipe…), les meilleures conditions de logement… sont autant d’atouts pour l’avenir. L’implication citoyenne des salariés dans la vie collective de l’atelier est aussi formatrice : la mise en place dans chaque atelier d’une Instance Sécurité Condition de Travail (I.S.C.T.), où siègent des délégués élus, permet une expression collective sur toutes les questions d’organisation et de conditions de travail, le choix des nouveaux équipements… ».
Pendant sa présence à ARBRES, chaque salarié peut bénéficier de formations complémentaires selon son choix : utilisation et maintenance du petit matériel d’espaces verts, alphabétisation, préparation aux concours du secteur sanitaire et social, aux métiers de la restauration, aux métiers du nettoyage et encore bien d’autres, professionnalisation et accompagnement des intervenants à domicile, pré qualification en bâtiment…
L’idée novatrice d’ARBRES a été, dès 1991, de créer de l’emploi en incitant les nantais à extraire les vieux papiers de leurs déchets. Nous, particuliers, avons aussi notre rôle à jouer : pensons au recyclage en faisant des gestes simples tous les jours, au travail comme dans notre foyer. Pour que ce papier soit recyclé, il faut effectuer un bon tri des déchets et nous sommes tous concernés. ARBRES se charge, dans ses ateliers, de la valorisation des papiers collectés. Alors, si l’activité d’ARBRES est un exemple remarquable que nous tenons à féliciter chaleureusement, nous espérons ne pas fêter ses 30 ans ! En effet, la raison sociale d’ARBRES étant la lutte contre la précarité…

« Triez vos déchets, c’est un plus pour l’environnement, mais aussi un acte solidaire pour l’emploi et la lutte contre l’exclusion »

ARBRES 105, rue des Renards, 44300 Nantes
02 40 40 35 55 arbresnord@wanadoo.fr

En bonus : la liste des formations tremplins destinées aux allocataires du RSA en contrat aidé, aux jeunes en CAE et aux DELD en contrat aidé dans les chantiers.

Un gars, une fille

Une expression de quatre mots qui nous concerne quel que soit notre âge ! Si elle évoque bien sûr les fameux épisodes de la série télé de ce début de siècle… elle résonne en nous bien au-delà.

Par Marie-Claude Lucas

Celles et ceux qui comme moi ont vécu dans leur enfance, il y a plus de cinquante ans, une école, un collège, un lycée… de filles qui ne se mélangeait surtout pas avec l’école, le collège, le lycée des garçons…et vice versa…, qui ont traversé une adolescence sans les expériences de mixité nécessaires ni les paroles sereines et éclairantes à propos des questions liées aux caractères particuliers des uns et des autres, ceux-là -dont je suis- ont dû construire tant bien que mal leur identité de filles face aux garçons… et vice versa !

Aujourd’hui, les relations garçons-filles ont leur place partout : des spots publicitaires aux divers espaces d’éducation, en passant par la télévision, le cinéma, Internet, Facebook… les questions fondamentales que se posent, – ou n’osent pas se poser – les garçons et les filles, restent là, entières, et doivent pouvoir être écoutées, accompagnées. C’est toujours difficile de se retrouver seuls entre ados, de bien se comprendre, de bien vivre ensemble. Vivre sa sexualité en se respectant soi-même, en respectant la différence de l’autre… Assumer la mixité, ça veut dire quoi ? Ça se vit comment ?

Rassurez-vous les ados, nous aussi les adultes, nous avons des difficultés et nous avons à nous poser les mêmes questions ! Considérant que « nous faisons tous partie du problème et de la solution », chacun à sa mesure peut tenter d’aider les jeunes (et les moins jeunes!) à développer la compréhension des comportements dits masculins ou féminins, sans tabou et sans excès, juste pour mieux vivre entre « gars et filles », n’est-ce pas ?

Nos encouragements et nos félicitations vont en particulier ici à l’équipe du centre socioculturel du Bout-des Landes/Bruyères qui a fait de « un gars une fille » le titre d’une activité sympa proposée aux ados, dont voici leur texte de présentation et quelques photos prises au passage:

« Le Centre socioculturel du Bout-des Landes secteur Jeunesse a travaillé pendant les vacances de printemps sur un projet vidéo en partenariat avec l’association Kalakuta. Pendant la première semaine, les jeunes ont joué des saynètes version « un gars une fille ». Ce projet avait pour but de favoriser l’expression et les relations garçons-filles.

En effet, les relations de mixité restant problématiques à cette tranche d’âge, il nous semblait important de définir une action portant à pointer aux ados leurs difficultés à s’exprimer et à se comprendre. Cette action s’est déroulée sur deux jours au sein du club jeune. Le matin, les acteurs répétaient leur texte d’après le scénario écrit par l’association Kalakuta. L’après-midi était réservé au tournage avec les différents participants de Nantes nord.

C’est ainsi qu’un DVD, reprenant le thème de la série culte « un gars une fille », est en cours de montage ! »

Quand j’étais petite, on me disait: « Les gars avec les gars, les filles avec les filles! » Aujourd’hui, le slogan « un gars une fille » invite à prendre le chemin de la rencontre, de la confrontation des différences, des complicités entre garçons, entre filles…et entre garçons et filles.

Et bienvenue aux jeunes qui souhaitent réagir, s’exprimer à ce sujet sur le site internet du journal qui vous est ouvert.

En bonus : Le film !

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