L’animation sociale et culturelle : le poumon de notre quotidien
Un quartier pour tous, tous pour un quartier…!
Vous avez reconnu le plagiat de la parole des mousquetaires, auquel je me suis adonné. Et pourtant, lorsqu’en ce 20 janvier 2012, j’assistais, comme d’autres habitants, à la soirée de bilan du marché de Noël qui s’était déroulé le 10 décembre 2011, le ton m’est apparu différent des autres fois.
Par Gérard Vinet
Nous en étions à la énième édition et le bilan avait de quoi séduire, mieux, convaincre chaque présent que, désormais ce marché de Noël associatif, coordonné par le CSC Chêne des Anglais / Bout des Pavés est un repère pour les habitants lorsqu’arrive la fin de l’année.
Pour mieux illustrer mon propos, voici quelques chiffres qui nous furent donnés, 44 personnes représentant 18 associations étaient autour de la table et 10 associations étaient excusées. Mais, 800 habitants de notre quartier, et même au-delà, auront déambulé dans les allées de la Mano, en flânant au gré des 31 stands, pour faire quelques emplettes festives ou alimentaires. Et comme la bonne humeur était de mise, 15 animations permanentes ludiques ou artistiques étaient proposées aux chalands par quelques 166 bénévoles dans ce « village-miroir ».
Pourquoi donc l’appeler ainsi ?
Parce que « village » traduit la vie et tous les âges que l’on y croisait et « miroir » parce qu’il reflétait toutes les ressources et l’énergie que mettait chacun des habitants, dans son association, pour que l’événement, « co-construit » ensemble, fasse le bonheur de tous. Permettre de se connaître, faire découvrir son association, créer du lien entre habitants et associations, lors de la réalisation d’un événement convivial, rendre les enfants acteurs de la fête, proposer des cadeaux à petit prix : telle était l’ambition visée pour favoriser, par l’entraide, « un acte d’économie sociale et solidaire » ce qui est l’apanage des associations dans leur action ».
La diversité des associations présentes, conjuguée à la variété des animations ou réalisations de petits articles présentés sur les stands, ne pouvait qu’offrir « une jardinière de plaisirs gourmands » pour les yeux ou l’estomac. D’ailleurs la fin de soirée de ce bilan se termina par un pique nique partagé. Un dessert particulier, préparé par la Comédie d’Ascalie nous fut servi. Ces jeunes étudiants de l’Ecole Centrale, ayant créé une troupe de théâtre, nous ont entrainé « au bal » pour nous refaire visiter en chansons, les danses qui auront marqué les époques, de l’après-guerre à nos jours et cela avec costumes et atmosphère du moment. Mieux par le jeu théâtral, ces comédiens en herbe mimaient les comportements des séducteurs, des cavalières lors de ces bals champêtres ou des villes, poussant parfois le trait lorsqu’un audacieux se ramassait « un râteau » ou qu’un timide se faisait « souffler » une conquête convoitée. Ce qui est sûr, c’est que les spectateurs réagissaient, chantant les refrains, dansant, voire s’esclaffaient, en reconnaissant une situation vécue, mais bien sûr, inavouable : « Pensez, j’ai ma dignité, tout de même ! »
Agir pour créer du lien social, est une expression de technocrate, qui en cette occasion prenait pourtant tout son sens. En effet, des habitants agissant dans des associations culturelles, militantes pour une cause ou une autre, favorisant la rencontre avec d’autres habitants, dans des lieux répartis à travers le quartier, par des animations ludiques, sportives, conviviales, c’est certain. Mais là, cette soirée me semblait porteuse d’un message particulier : L’intergénérationnel prenait visage humain, l’Université nous envoyait « des ambassadeurs du vivre ensemble » pour nous distraire, et comme pour remercier les plus anciens d’entre nous d’avoir défriché le territoire, ce geste m’apparaissait d’autant plus fort que ces jeunes venaient nous inviter à danser à leur bal.
Par la suite, j’ai suivi un peu leur actualité. Ils ont eu l’occasion de se produire à Rezé, puis quelques semaines après, la Maison de quartier des Dervallières. La magie opéra à nouveau, d’autant qu’un technicien son et qu’un autre aux lumières vinrent enrichir leur représentation. Ainsi, chacun avec son savoir-faire, peut contribuer à la réalisation de quelque chose.
Dans la rubrique « Vie Locale » de ce numéro de Mosaïque nous évoquons : la Ligue de Protection des Oiseaux qui propose des animations de sensibilisation à l’environnement et de découvrir la faune et la flore ; « Les Voix du Nord », une activité de loisir par le chant, mais aussi d’engagement, comme lors de leur concert à la salle Bretagne pour lutter contre certaines maladies ; RLT et L’AFEV, accompagnent les habitants tant pour distribuer vêtements ou jouets à prix modiques que pour aider aux devoirs. Ce sont des actes solidaires ; l’ASC Baut Tennis de Table contribue à la pratique sportive individuelle ou en équipe, voire familiale ; Bobbyland flatte l’imaginaire et la créativité dans un projet d’instruments mécaniques de musique…. Mais à travers ces exemples, ce n’est qu’un échantillon de la diversité des associations qui peuvent accueillir les habitants, quels que soient l’âge et les centres d’intérêt mais aussi les disponibilités de chacun. Chaque structure agit et développe des valeurs où chacun peut se retrouver, être force de proposition, d’initiative, qui, avec le renfort de professionnels, deviennent projets plus ambitieux. Les centres socioculturels de la Petite Sensive, du Bout des Landes, du Chêne des Anglais-Bout des Pavés ou de la Boissière sont les pôles de vies complémentaires d’autres lieux, proposant ensemble Ludonord, ou servant de relais pour les habitants, L’EclectiC apportant sa touche dans l’accompagnement des projets 16-25 ans. C’est donc tout cela que l’on appelle « animation sociale et culturelle » ; ce sont des lieux, des associations et des bénévoles, qui œuvrent dans le champ social, culturel, artistique ou sportif…
Le quartier si diversifié et si évolutif qu’il soit, de par les immeubles qui jaillissent de ci de la, n’aura une unité que par l’implication de tous et de chacun pour lui donner vie, complétant l’action du service public que les collectivités mettent en œuvre, interpellant leurs représentants si besoin. Cela s’appelle l’engagement dans l’esprit de l’éducation populaire et c’est tout cela qui fait vivre notre quartier au quotidien.
D’ailleurs, chers lecteurs, je voudrais vous dire en confidence, que pour cette année, rendez-vous est pris : si au long de l’année, bénévoles, professionnels s’emploient à faire des choses avec et pour vous, lors du marché de Noël prochain, une soirée détente clôturera le prochain bilan.